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Appartements 06

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MessageSujet: Appartements 06 Appartements 06 EmptyDim 25 Jan - 12:11

23h34 : Mary rentrait chez elle dans le pot de yaourt qui lui servait de voiture. Le service avait été atroce ce soir ... enfin plus que les autres soirs. Mais elle était tout de même de bonne humeur. En temps normal, à cette heure-ci elle n'avait plus que vingt-six minutes pour rentrer, mettre ses effets personnels au coffre et prendre une douche en savant très bien qu'elle n'allait pas être utile. De minuit à l'aube, c'était le tour de Lilly et comme à son habitude elle allait encore se mettre minable avant d'aller s'effondrer quelque part dans un caniveau - ou pire - juste pour ruiner la matinée et la journée de son alter-ego avec une bonne grosse gueule de bois.
Mais ce soir là, Mary rattrapait un dépassement de Lilly. Donc elle avait toute la nuit pour dormir avec la certitude de se réveiller dans son lit et d'avoir la journée pour elle sans toutes les courbatures. C'était cette idée qui la remplissait de bonne humeur.

Elle covoiturait avec un de ses collègues ce soir : Junya, le cuisto de Little Italy qui, par le plus grand des hasards, vivait dans l'appartement juste au-dessus de celui de la jeune femme. C'était également un parfait connard.
Mary n'avait jamais eut de preuves, mais elle était certaine qu'il crachait dans les assiettes des clients quant les serveurs s'en plaignaient et elle était sûre qu'il faisait pire aux assiettes de ceux qui n'aimaient pas sa cuisine. La jeune femme le voyait comme la parfaite représentation de tout ce qui allait mal dans le monde : il était égoïste, arrogant, goguenard et primitif. Sans compter qu'il n'avait jamais proposer de payer sa part d'essence. Il avait de la chance que Mary soit trop bien élevée pour le lui demander
« Ouais, enfin après on s'en fout de la table de douze. Au moins on a survécus au service. » répondit Mary d'un ton enjoué mais avec une sonorité étrange, comme si sa phrase était un bonbon très sucré avec un salle goût métallique indiquant une lame de rasoir. Sauf qu'on n'y trouvait pas de lame de rasoir, étrangement.
Mary ne s'était jamais considérée comme quelqu'un d'hypocrite. Elle était juste polie. Elle valait bien mieux que ce Junya et tout les autres comme lui. Ceci-dit elle n'arrivait pas à soutenir son regard, par gène. Mais elle avait toujours soigneusement éviter d'y penser.

23h35. Elle avait tout le temps qu'il lui fallait devant elle. Ils venaient juste de quitter l'avenue qui traversaient la ville de part-en-part. Plus qu'une demi-douzaines de minutes et ils seraient chez eux Instinctivement, Mary calcula le temps qu'il lui aurait fallut pour régler ses affaires en cours avant de passer le relais, en éprouvant un plaisir enfantin en se disant qu'elle n'avait pas à le faire. Elle avait l'impression de toujours jouer contre la montre en ce moment, mais c'était principalement parce qu'elle était en plein marathon d'heures pour chopper assez de vacances et de thune pour se prendre un Week-End à Londres.
Enfin, c'est ce qui était prévu si tant est que Lilly ne lui pique pas sa carte encore une fois.


Dernière édition par Mary & Lilly Donovan le Dim 25 Jan - 15:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Appartements 06 Appartements 06 EmptyDim 25 Jan - 14:12



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Sous la pâle blondeur de sa frange, ses yeux tentaient vainement de s'accrocher aux différents paysages qui défilaient devant eux. C'était ça ou prendre le risque de croiser son regard, à elle. Pourquoi était-il dans sa voiture déjà ? Il ne s'en souvenait plus. Peut-être à cause de la pluie, ou de ces rumeurs de meurtrier errant. C'était assez cocasse, quand on sait que...
Junya stoppa ses pensées sur-le-champ. Cette fille était déjà assez flippante comme ça, pas besoin de lui donner de nouvelles raisons de l'être en tirant une tête de tueur fou et sadique. Oui, lui, l'asocial égocentrique et arrogant trouvait cette demoiselle largement plus angoissante que lui. Avec ses grands yeux qui se veulent bienveillants, ce semblant de sourire poli parfaitement malsain et ses petites pommettes innocentes.. Non, ça ne prenait pas avec lui. Cette fille était louche, et pas dans le sens qui lui aurait plu. Ses sens s'alertaient en sa présence, lui criant de se méfier.
Qui sait, peut-être allait-elle le droguer, l'enfermer dans une cave et le torturer pendant des mois avant de jeter son corps pourri par l'humidité et rongé par les insectes dans la mer après l'avoir découpé en pièces. Bon, il partait peut-être un peu trop loin pour le coup...  Mais quand même !
Portant de vifs regards sur la conductrice, le cuisinier nourrissait autant que possible la conversation. Plus il parlait, moins il réfléchissait. Donc il fallait qu'il renchérisse encore et encore, quitte à passer pour une machine à papoter insolente et complètement futile.

« Non mais je lui aurais fait bouffer par le nez, sa commande. Bande de crétins... »

Son pied se posa instinctivement sur la partie avant de l'habitacle du véhicule. C'est qu'ils étaient assez étriqués, dans cette cacahuète mobile. Sa position ne lui permettait pas de se plaindre puisqu'il était conduit comme un prince jusqu'aux portes de son palais, et pourtant. Pourtant le prince était le cuistot du resto du coin. Pourtant le palais était un vieil immeuble crasseux et malfamé. Pourtant le chauffeur d'un prince, ça se contente d'acquiescer et de regarder la route attentivement pour ne faire prendre aucun risque inconsidéré à son maître. Il était hors de question qu'il connaisse la même fin que cette Lady di et ces autres conducteurs du samedi soir.

Mary -car tel était son nom- répondit à son énième plainte de façon respectable et agréable. Bien qu'elle ait surement dû se mordre la langue un bon quart d'heure avant pour se retenir de dire ce qu'elle pensait franchement. C'était vraiment sa chance. Non seulement sa journée de boulot avait été infernale, mais en plus de cela, il se retrouvait avec une fille mielleuse et sournoise pour le retour. Junya soupira lourdement. Elle venait à l'instant de briser toute conversation future. À part boulot, de quoi pouvait-il parler avec elle ? Des points qu'ils ont en commun ? La blague. Cette fille était barbante et chaque minute qui passait le confortait un peu plus dans son idée. Mais le voyage sans bruit l'était au moins autant alors, quitte à choisir... Il prit une légère inspiration avant de parler, les yeux rivés sur le pare-brise.

« Dis moi, est ce que ton appart' est aussi minable que le mien ? »

Tous les sujets étaient bons pour lutter contre l'ennui.

«  J'en étais venu à penser que le concierge et le gérant s'étaient liés contre moi pour m'avoir refilé un truc aussi pourrave mais si ça se trouve, c'est pour tout le monde pareil en fait. »

Si ce sujet l'intéressait ? Absolument pas. Il se contrefichait de l'appartement de cette nana. Ce qui l'intéressait, c'était son propre cas. Savoir si oui ou non on s'était payé sa tronche lors de la remise des clefs.


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MessageSujet: Re: Appartements 06 Appartements 06 EmptyDim 25 Jan - 15:39

Mary se retourna vers Junya, évitant soigneusement son regard. Elle vérifia son angle mort et changea de file. Sa conduite était, au mieux, étrange. La plupart du temps elle était prudente, roulant à cinq kilomètre-heure sous la limitation de vitesse. Mais parfois, quant elle réagissait d'instinct, elle faisait une manœuvre très cavalière. Mais elle ne semblait pas s'en rendre compte.
Si il fallait la résumer en un mots, "Anxiogène" serait un choix raisonnable.

Le regard rivé sur la route, sa réponse instinctive à la question du jeune homme sur son appartement fut une espèce d'expiration rapide par le nez, qui ressemblait à un début de rire cynique fauché dans sa prime jeunesse, étouffé par un oreiller maintenu contre son visage par une mère aussi aimante que psychiquement instable.
Elle n'avait jamais pu supporter son appartement. Celui qu'elle avait à Londres était plus petit, et objectivement beaucoup plus miteux. Mais c'était aussi son chez-elle. Son appartement de l'immeuble Dickens n'était qu'une solution provisoire pour ne pas gêner ses parents, le temps qu'elle économise pour reprendre sa vie londonienne studieuse. Cependant, ça faisait trois ans qu'elle était dans cette situation provisoire. Malgré ça, son appartement était toujours quasiment un appartement témoin, avec des murs nus et un mobilier de série dépourvus de la moindre trace d'individualité. Elle vivait dans une chambre d'hôtel, anonyme et froide, mais sans service d'étage.
« Aucune idée, j'ai jamais vu ton appartement. Mais après, c'est Dickens. Les apparts sont pas chers pour une bonne raisons je pense. »
Réponse vague, avec un vague sourire. Mary adorait se donner cette apparence de décontraction avisée plus où moins philosophique. C'était pareil que le sourire : dés qu'elle se mettait à sourire, c'était comme si elle arnaquait son cerveau en lui faisait croire qu'elle était heureuse.

Le reste du trajet se passa. Bien, du point de vue de Mary. Ils discutèrent de banalités en roulant dans les rues presque désertes, et à aucun moment la jeune femme n'eut à répondre que par autre chose que des phrases communes qui ne disaient rien de concret sur elle. Elle gara sa voiture sur le parking en bas de l'immeuble avant de s'en extraire avec facilité. Elle marcha jusqu'à la porte d'entrée avec le pas conquérant de ceux qui savent que leurs soirée va bien se passer.
Quelques minutes plus tard, ils étaient dans l'ascenseur et dans un silence presque gênant que Mary ne se donna pas la peine de briser. Elle avait horreur des silences gênés, mais ne savait jamais comment les meubler. Quant l'ascenseur arriva au second étage, ce fut avec un certain soulagement.
Mary sortit de la cabine et se retourna.
« Bon, bah du du coup je te dit à Lundi au taf ? »
Elle ponctua son "au revoir" formel d'un de ses sourires perçus comme malsain par le cuisinier et croisa son regard, une fraction de secondes. Au fond des pupilles de la jeune femme, on pouvait discerner quelque chose.
Quelque chose d'étrange, presque d'inhumain, qui faisait penser à ce qu'on avait irrationnellement peur de voir en ouvrant les yeux dans le noir. Mais ce qui pouvait mettre le jeune homme mal à l'aise, ce n'était pas la noirceur au fond des yeux de la jeune femme. C'était l'impression que cette noirceur le dévisageait de ses yeux rieurs.

Mary se détourna rapidement des yeux du Jeune homme, distraite par la sonnerie tonitruante de son téléphone fixe. Elle n'était pas habituée à recevoir des appels ailleurs que sur son portable.
« Désolé, téléphone. A plus. »
Elle eut un sourire d’excuse, et trottina jusqu'à son appartement pour déverrouiller la porte. Derrière le battant, le téléphone ne sonnait pas.
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MessageSujet: Re: Appartements 06 Appartements 06 EmptyDim 25 Jan - 18:05



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Sa réponse fut à la hauteur de ses espérances. Ni un oui, ni un non. Le genre de phrases modèles dit par des personnes modèles manquant cruellement de personnalité et, de ce fait, capables de s'adapter à n'importe quelle situation. On ne peut nier que ça doit servir dans certaines situations et que Junya était apte à comprendre et accepter ce comportement, en tant que grand profiteur du monde moderne. La capacité qu'il a à retourner sa veste est, avouons-le, quelque chose de remarquable. Néanmoins, c'est une capacité qu'il n'utilise que lorsqu'il y trouve son propre intérêt, à la différence de Mary qui elle se contentait d'être évasive. Et c'était là toute la différence. 
D'ailleurs toute conversation qui suivit celle-ci fut plus ou moins équivalente. Chacun restait sur ses positions et le résultat était toujours le même au final. Heureusement que seules quelques minutes le retenaient encore dans cette situation qu'il aurait qualifiée sans hésiter d'étouffante ou de chiante. 
La voiture se gara sur un parking en accord parfait avec l'immeuble et chacun sortit avec plus ou moins de facilité. Sa première réaction une fois libre fut d'inspirer une grande bouffée d'air frais pendant que ses mains habiles se mirent à masser brièvement ses épaules engourdies par l'absence de mouvement des dernières minutes. Il se tourna alors vers la porte d'entrée et se fit emboîter le pas par la conductrice qui passa la porte en première. À partir de là, le scénario était des plus prévisibles : il allait traverser ce couloir jusqu'à l'ascenseur qui -pour une fois- marchera sans prêter attention aux tags sur le mur d'entrée ou sur les restes de déjeuner non digérés d'un de ces voisins, ils se supporteraient encore le temps de monter les deux étages en s'évitant courtoisement du regard, elle lui souhaiterait une bonne soirée sans conviction et il rejoindrait finalement son appartement en priant pour que le chauffe-eau ne soit plus en panne. Il prendra une bonne douche chaude en repensant
à sa minable journée et ira probablement traîner les rues à la recherche d'une occupation quelconque.

Ça aurait pu être ça. Ça aurait du. Mais ça ne le fut pas.



Un petit ding brisa le silence lourd, alertant aux deux seuls passagers de l'ascenseur que celui-ci venait d'atteindre le second étage. Sans un mot, la résidente de l'appartement 206 quitta la cage de fer avant de se retourner vers Junya pour le saluer poliment. Comme c'était prévisible. C'était le topo. Il lui aurait bien balancé quelques vacheries au visage concernant son hypocrisie totale mais non. Non parce qu'avec ces gens-là, ça ne vaut même pas la peine.  De toute façon, elle sera surement bornée et le prendra pour un ahuri malpoli l'accusant à tort. Il se contenta donc de lui accorder un léger mouvement de tête pendant lequel son regard passa sur le sien de façon fortuite, suivi d'un :

« Ouais, salut. »

Voilà, maintenant, il pouvait rentrer chez lui et suivre son programme. Seulement quelque chose l'en empêcha. Son cerveau avait ressenti la seule chose qu'il détestait par-dessus les humains : la terreur qu'il inspirait. Il ne put s'empêcher de dévisager sévèrement la jeune fille qui lui avait accordé un instant le pire au revoir de la planète. Cette dernière se dépêcha de rentrer chez elle et la porte de l'ascenseur se referma doucement sur sa vision d'elle se précipitant vers sa porte. Et ça aurait dû s'arrêter là. Seulement non. Pour Junya, c'était la goutte de trop. Comment pouvait-on être si hypocrite pour faire semblant d'apprécier quelqu'un que l'on déteste à ce point. Car oui, les yeux ne mentent pas. Et ce regard était celui d'une personne remplie de haine à son égard. 
Stoppant la fermeture de la porte en passant sa main devant le détecteur, Junya se faufila hors de la machine avec la ferme intention de comprendre enfin quelque chose à cette terreur qu'il semblait inspirer à tout le monde.


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MessageSujet: Re: Appartements 06 Appartements 06 EmptyDim 25 Jan - 19:45

L'appartement était toujours le même : un grand salon avec une vague cuisine américaine, une chambre et une salle de bain minuscules. La décoration était parfaitement anonyme à l’exception d'un trou en forme de poing dans le contreplaqué de la porte de la chambre, et de traces de griffures dans le papier peint autour du radiateurs accompagnées des minuscules tâches de sang incrustées dans le placo mis à nus. C'étaient les stigmates de l'époque où Lilly passait ses nuits enchainée, et une des raisons qui avaient poussées Mary à proposer un arrangement. Elle ne pouvait pas vivre en se réveillant avec les ongles en sang tout les matins
La jeune femme jeta ses clefs dans sur la table basse de l'entrée et repoussa la porte dernière elle. Contrairement à son habitude, elle ne verrouilla pas l'entrée. Depuis toute petite, elle associait les coups de téléphone tardifs sur un fixe comme annonciateurs de mauvaises nouvelles. Elle fila droit vers le vieux téléphone à cadrant aussi rétro qu'indestructible qui prenait la poussière sur la petite table a côté du canapé.
« Allo, oui ? »
Pas de réponse. Mary retira l'anorak qu'elle avait passé sur sa tenue de travail. Elle le jeta sur le côté en changeant le téléphone d'oreille.
« Qui est à l'appareil ?
- ... Salut chérie. »

Mary sursauta en lâchant le combiné du téléphone qui tomba bruyamment au sol. Elle recula de quelques pas en plaquant sa main contre sa bouche. Elle regardait le téléphone comme si elle venait de s'apercevoir qu'il s'agissait d'une oreille coupée. Elle avait très bien reconnu la voix : quasiment la même que la sienne mais légèrement plus grave. Exactement la même voix en fait, sauf qu'elle l'entendait de l'extérieur et pas de l'intérieur. Elle laissa passer quelques secondes avant de refermer la bouche, quant sa terreur primaire laissa la place à une inquiétude viscérale. Elle fit quelques pas pour récupérer le combiné, mais arrêta sa main à quelques centimètres du plastique jaunis. Elle hésitait comme si elle avait peur de chopper le jus en attrapant le téléphone.
Mais la jeune femme finit par outrepasser sa appréciation et attrapa le combiné.
« Lilly ?
- C'est cool de te parler. Comment va la famille ? »
Mary était figée comme un piquet au milieu de son salon, appuyant le combiné contre son oreille de ses deux mains.
« Co … Comment est-ce que tu peux me téléphoner ? »
- Seigneur ... lâcha Lilly dans un soupir agacé. Je ne te téléphone pas, je suis dans ta tête pauvre cruche ! »
Mary regardait instinctivement autour d'elle comme pour chercher quelque chose pour l'aider.
« Je … c'est pas possible … C'est mon tour ce soir, pourquoi tu ne dors pas ?
- Quelque chose me tiens réveillée. J'ai presque l'impression de sentir des doigts fouiller dans mon cerveaux. »
Elle gloussa un peu avant d'ajouter :
« … ça chatouille. »
Mary passa une mains sur son visage, inspirant largement.
« C'est juste mon imagination. Tu n'es pas là …
- Pas encore …
- De quoi ?
- Dix ... neuf ... huit …

La cœur de Mary loupa une pulsation. Elle lâcha le téléphone et fonça vers sa commode. Elle était en pilote automatique. Elle tira un tiroir, l'arrachant à demi, pour sortir la boite à chaussures qu'elle avait planqué hors d’atteinte de Lilly pour les cas d'urgence. Elle fonça jusqu'au radiateur, se jetant presque au sol. Avec des gens fébriles, elle referma une menotte autour de son poignet droit et serra l'autre partie autour du radiateur. Elle attrapa la petite boite à billet de voyage, fermée par un code. A l'intérieur, elle pouvait entendre laclef des menottes tinter.
Elle s’appétait à la cacher sous le coussin de son canapé quant des mots se frayèrent un chemin hors de sa bouche, raclant contre sa gorge douloureusement.
« 2-0-4-8-6-3 »

Mary eut de mal à reprendre sa respiration. Elle sentait les muscles entre ses côtes se tétaniser à cause des crampes et avait du mal à contrôler les mouvements de ses yeux. Elle n'eut que le temps de jeter la boite hors de sa portée avant de sentir ses yeux rouler douloureusement vers le haut, remplaçant ses yeux bleu par un regard blanc injecté de sang.
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MessageSujet: Re: Appartements 06 Appartements 06 EmptyLun 26 Jan - 23:45



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Sa démarche, comme le reste de sa personne, était à  mi-chemin entre la sérénité dû  à l'habitude de la chose et une nervosité venant de l'excitation qui l'imprégnait. D'un côté, cette scène lui était familière : il avait très souvent suivi des personnes qu'il terrifiait auparavant. Mais d'un autre, cette situation était différente : il n'avait pas franchement l'intention de tuer cette mutante. Non, ce qu'il voulait avant tout, c'était attiser sa curiosité. Le reste se déciderait au fur et à mesure.

Appartement 03. 04. Junya commença à percevoir la voix de la jeune fille. Alors elle était vraiment au téléphone . 05. Était-ce vraiment une bonne idée ? Ne devrait-il pas plutôt  faire demi-tour et feignant n'avoir rien vu ni même entendu ? 
Un bruit sourd attisa un peu plus son envie d'interférer. Sa main se posa délicatement sur la poignée de la porte en bois de l'appartement, accordant à la jeune femme quelques dernières secondes d'intimité. Une réflexion le saisit. Devait-il frapper ? Comment on faisait, pour s'inviter chez les gens poliment ? C'est qu'il ne voulait pas se faire expédier en une demi-seconde non plus, le pauvre. Bien qu'il doutait que mademoiselle prude soit capable de le foutre à la porte en une fraction de seconde

Un nouveau bruit suspect résonna dans les murs du bâtiment, le confortant dans son empressement. D'un geste, il tourna la poignée et la porte s'ouvrit sur un appartement aussi sobre qu impersonnel. Il scruta brièvement les coins de la pièce, relevant un téléphone suspendu par son cordon et un tiroir arraché à son repos habituel. Quelques signes ici et là prouvant que ce logement étaient habité et repéra finalement, recroquevillée sur le sol, les cheveux dérangés et le souffle court,  'hôte de ces lieux tremblotante. Junya entrouvrit sa bouche sous l'effet de surprise et  de nombreuses hypothèses sur le pourquoi du comment envahirent sa boîte crânienne. Tout y passait : de la prise d'otages au jeu sexuel masochiste, en passant évidemment  par le pari extraverti.

Son regard traversa une nouvelle fois son environnement, cherchant une réponse qui devait être évidente parmi les meubles et les murs. Voyant qu'ils n'étaient que deux, l'option prise d'otage fut rayée de la liste sans plus tarder. Ses recherches étant vaines, Junya s'approcha de la seule chose pouvant encore assouvir son curiosité maladive qui était grimpé à son comble en quelques instants. Mary. Il évita scrupuleusement de marcher sur une drôle de boîte qui traînait sur le sol et toisa la demoiselle en silence, perplexe. La " prisonnière " semblait prise de légères convulsions et il en suspecta une maladie grave et unique. Ou plus simplement une crise d'asthme. Sa main était menottée à la barre du radiateur et enserrait son petit poignet féminin. Il restera néanmoins à une distance convenable tant que toute source potentielle de danger sera écartée.

« Est ce que... Ça va ? » questionna-t-il en arquant un sourcil.

L'ambiance politesse et boutons d'ors semblait bien loin désormais. Chose aussi satisfaisante qu'inquiétante.


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MessageSujet: Re: Appartements 06 Appartements 06 EmptyMar 27 Jan - 14:27

Lilly ouvrit ses grands yeux bleu clair injectés de sang, et presque aussitôt elle étira ses lèvres en un large sourire. Elle se retourna, roulant sur le sol comme si elle déroulait son corps avec une sorte de grâce féline, tenant plus du tigre que du chaton. Son regard se planta dans celui de l'inconnu et son sourire se tordit en une sorte de rictus satisfait. Elle ignorait totalement la question qu'il venait de poser.
Elle n'avait pas un sourire accueillant, chaleureux et faux comme Mary. C'était un sourire dévoilant une dentition juste assez en ordre pour ne pas avoir besoin d'appareil, mais pas assez pour ne pas avoir des airs de crocs. Ce sourire était franc, beaucoup trop franc. Là où Mary donnait l'impression de se forcer à sourire, Lilly donnait l'impression d'être submergée par ses émotions et d'adorer ça. Le seul problème, c'est qu'il était délicat de définir si elle souriait comme une femme heureuse, où si elle dévoilait ses crocs comme un chat devant une souris.
Et en ce qui concernait Junya, il était le seul prétendant au titre de souris dans la pièce.

Lilly étendit les bras comme pour s'étirer, et récupéra un paquet de cigarettes scotché avec un briquet sous le canapé. Toujours sans quitter l'homme des yeux elle frappa le paquet souple contre son genou pour en sortir une clope qu'elle attrapa entre ses lèvres. Elle détourna le regard quelques instants pour l'allumer et tira une longue latte en laissant tomber le paquet et le briquet sur le côté. Ses gestes étaient lents, calmes et assurés. Mis-à-part sa ressemblance physique avec Mary, Lilly semblait être le parfait opposée à son alter-ego. Elle étaient différente à un point tel que les confondre était presque impossible. Elle retira les ballerines de ses pieds avec ses orteils et ébouriffa ses cheveux parfaitement brossés de sa main libre. Elle fixait toujours Junya dans les yeux, soufflant un épais nuage de fumée bleue, même si elle donnait plus l'impression de fixer l'arrière du crâne du jeune homme. Elle ne semblait pas gênée outre mesure par le pouvoir du jeune homme et donnait l'étrange impression de très bien comprendre la situation et d'en maitriser chaque aspects. En réalité, ce n'était pas vraiment le cas. Lilly n'était juste absolument pas dérangée par l'inconnu et l'incertitude. A vrais dire, elle n'avait que des notions très vagues concernant la stabilité et la certitude en général. Elle venait juste de se réveiller menottée à un radiateur avec un inconnu. pas le début de soirée parfait, mais elle n'était pas exigeante.

« J'aime bien tes yeux. Je les récupérerais peut-être quant tu n'en auras plus besoin. »
La jeune femme se redressa, retirant la cigarette de ses lèvres pour faire tomber la cendre sur le tapis. Tout en continuant de fumer, elle se dirigea vers une commode, étirant son bras et tirant sur sa chaîne pour arriver jusqu'au tiroir. Elle en sortit une guirlande de capotes et en arracha une. Cigarette entre les dents et se préoccupant de Junya à peu prés autant que s'il était un chaise, elle déchira l'emballage et frotta le caoutchouc lubrifié contre sa main et son poignet entravés.
Puis, elle attrapa sa main droite, entourant le dos de sa main avec ses doigts, et serra ce qui produisit plusieurs claquements sourds alors que les os de sa main se déboitaient. Elle fit glisser le bracelet de métal le long de ses phalanges désarticulées, avant de laisser tomber la menotte au sol.
Elle souriait toujours quant elle se retourna, saisissant et tirant ses doigts un-à-un pour replacer ses articulations. Elle fini avec le pouce, qui se remit en place avec un claquement aussi sonore qu'écoeurant. Mis-à-part une légère contraction du coin des lèvres, Lilly était restée parfaitement stoïque ... si tant est que son sourire pouvait être défini comme stoïque. Elle fit jouer son poignet droit ainsi que ses doigts, faisant craquer une dernière fois ses articulations avant de marcher vers la cuisine.
« Putain ! Ça, ça va faire mal demain matin. »
Elle jeta un regard de braise plus facilement comparable à un fer de marquage au rouge chaud en massant sa main tout juste reboitée.
« Ce qui me va très bien. »
Une ombre de sadisme passa fugacement dans son sourire.

Elle écrasa sa cigarette sur le comptoir, et retira son chemisier comme si c'était un T-shirt sans prendre la peine de le déboutonner. Plusieurs boutons ne résistèrent pas à ce traitement, mais elle se retrouva tout de même en débardeur au milieu de la cuisine. Elle tira une bouteille de Gin d'une armoire qu'elle ne pris pas la peine de refermer et se servit un verre.
« Je peux savoir ce que tu fout là ? »
Elle descendit le verre d'un mouvement de tête et s'en resservit un autre. Ce n'était pas son heure d'être aux commandes, Mary le savait et se débattait. Mais pour une raison qu'elle ignorait, le regard du blondinet poussait la none à se retrancher au fond des bois. Cela expliquait son ton relativement aimable, même si "pas réellement violent" était un terme plus approprié.
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MessageSujet: Re: Appartements 06 Appartements 06 EmptyMar 27 Jan - 19:06



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Quelque chose avait changé. Quoi ? Il ne le savait pas encore. Mais quelque chose avait changé. Le chien domestiqué et obéissant semblait se métamorphoser peu à peu en un loup aux crocs acérés. Devant ses yeux maléfiques, la chrysalide d'un être pur et sage se brisait pour libérer un nouvel être, plus vivant que jamais. L'incompréhension submergeait le blond pendant que des vaisseaux sanguins striaient les deux sclérotiques blanches de rayures pourpres. La situation lui rappelait celle d'un drogué qu'il avait connu autrefois et déchiqueté par une nuit d 'été. Que de souvenirs. Et ce sourire démentiel qui étirait ses lèvres rosées en une grimace morbide.
Cette jeune femme était bien particulière, en fin de compte. Et son instinct lui affirmait que cela ne faisait que commencer. Par contre, quelque chose le dérangeait dans cette scène, outre le fait qu'il se retrouvait chez sa voisine dont il ne connaissait que le nom et le numéro de chambre, que cette dernière se retrouvait menottée au radiateur et agissait comme sous l'emprise de drogues ou possédée par une entité maléfique. Non, quelque chose d'autre l'incommodait. Deux perles dans les tons bleu pastel qui lui transperçaient littéralement les globes oculaires et lui donnaient l'impression qu'on tripatouillait dans son cerveau à mains nues. Étonnant, quand on a l'habitude de ne pas être soutenu du regard plus d'une minute ou deux. Frustrant, même.
Junya contempla la métamorphose inattendue en silence. Aucun mot ne lui venait vraiment à cet instant. D'ailleurs, autant avouer franchement que tout restait assez flou dans son esprit.


« J'aime bien tes yeux. Je les récupérerais peut-être quant tu n'en auras plus besoin. »

Son premier réflexe fut de pouffer de rire en entendant la réplique de celle qui répondait jusque-là au nom de Mary, sans même prendre le temps d'y réfléchir vraiment. Pourtant, les fois où cette phrase lui avait été adressée se comptaient sur les doigts d'une main. Mais ce détail était superflu à côté de tout ce qui se passait à l'instant. Souffrant d'une cécité soudaine ou ignorant purement et simplement la présence de Junya dans son domicile, la jeune femme prit ses aises, clope au bec et cendres grisant le tapis, et s'attela à se libérer l'avant-bras. Au moins, l'hypocrisie des minutes précédentes n'était plus qu'un lointain souvenir. Jun ne lui proposa aucunement un coup de main, tenant à garder encore un peu sa place de spectateur presque invisible. Et il eut raisonpuisque, quelques craquements d'os plus tard, la prisonnière n'en était plus une et son corps se dirigeait naturellement vers une autre pièce de l'appartement. Et il la suivit. Méfiant, certes, mais décidément trop intrigué pour suivre ses instincts. Un début de rictus narquois se dessinait d'ailleurs sur ses lèvres, brisant son apparence habituellement neutre.


« Je peux savoir ce que tu fout là ? »


Ce qu'il foutait là ? Il se distrayait. Tout simplement. Pour l'heure, Mary était comme un programme télé, en plus amusant. C'est pourquoi il répondit en accentuant ses propos d'un haussement d'épaules faussement innocent avant de s'accouder sur le mur.

« Tu m'as invité. »

Son sourire s'élargit un peu plus et on aurait pu déceler une lueur de malice se frayant un chemin parmi la noirceur qui habitait continuellement ses yeux. D'un pas lent, il s'approcha de son interlocutrice et sortit un second verre du placard qu'il fit glisser jusqu'à la bouteille de Gin.

« Tu ne vas pas me refuser ça, après ce que j'ai supporté aujourd'hui. »

Non, ce n'était pas une question. Junya s'était invité dans la maison et maintenant, il s'invitait aussi dans l'apéro.



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MessageSujet: Re: Appartements 06 Appartements 06 EmptyMar 27 Jan - 20:54

« Tu m'as invité. »
Lilly tiqua. Elle n'en avait pas le moindre souvenir. Même si elle l'avait rencontré juste avant l'une des nombreuses fois où elle avait frôlé le coma éthylique, il lui aurait été vaguement familier. De fait, cela ne laissait qu'une seule autre option.
« Ce n'était pas moi mec. »

Tout en descendant son deuxième verre, elle suivit l'inconnus du coin de l'œil, depuis son approche lente jusqu'à sa façon cavalière de poser le verre sur le comptoir. Elle remit en doute les goûts de Mary, et posa son verre.
« Tu ne vas pas me refuser ça, après ce que j'ai supporté aujourd'hui. »
Ce n'était pas une question. Le sourire qui marquait le visage de Lilly disparut doucement. Elle s'accouda au comptoir et tendit doucement la main vers le second verre. Elle fit jouer son doigt sur le bord du old fashion puis, souriant légèrement, elle le poussa doucement au-delà du bord du comptoir, l'envoyant se fracasser par terre.
« Ce … n'était … pas … moi. » dit-elle en séparant bien chaque mots.

La jeune femme quitta le comptoir pour se diriger vers le frigo, sans prendre garde aux éclats de verre. Elle ouvrit la porte en l'envoya cogner contre le comptoir et observa le contenus. Comme d'habitude, il ne contenait que de la bouffe aseptisée et pauvre en matière grasse que Mary affectionnait tant. Tout en cherchant de quoi remplir son estomac mis-à-mal par un régime minceur sans sport, elle commença à parler.
« Je t'aime bien. Tout le délire capuche, cheveux, tatouages et air ténébreux. C'est sympa. »
Elle se redressa, sans prendre la peine de refermer la porte du frigo. Elle porta son attention sur les armoires qu'elle ouvrit de la même façons, sans la moindre précaution.
« Ceci étant dit, tu es chez Mary. Et franchement, je pense pas que tu sois exactement son genre. »
Lilly récupéra sa boite de céréales qui avaient du échapper à la dernière soirée-déprime de sa colocataire. Elle se retourna et posa la boite sur le comptoir.
« De fait, je ne pense pas qu'elle te considérerais comme bienvenue chez elle. »
la jeune femme s'adossa au comptoir.
« Ce qui est marrant, c'est que personnellement j'en ai rien à carrer de ce qu'elle pense. »
Elle récupéra un couteau de cuisine dans le présentoir trônant derrière-elle sur le plan de travail.
« Et ce qui est encore plus drôle c'est que techniquement, si jamais je t'ouvre comme un lapin là, tout de suite, imaginons. Vus que c'est de la légitime défense suite à une effraction, je vais pas avoir de problèmes. »

Avec un grand bruit, elle planta le couteau dans le bois du plan de travail, beaucoup plus profondément de ce à quoi on pourrait s'attendre compte tenus de la taille de ses bras. Elle récupéra la boite de céréales et entrepris de piocher dedans.
Elle finit sa petite tirade la bouche pleine
« Enfin bon, c'est juste des constatations. Maintenant que les bases sont posée : ne me donne jamais – jamais - d'ordres. »
Elle conclut en fourrant une poignée de céréales dans sa bouche.[/b][/color]
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MessageSujet: Re: Appartements 06 Appartements 06 EmptyVen 30 Jan - 11:11



Appartements 06.
with Mary and Lilly Donovan


Cette situation aurait été stressante pour toute personne normalement constitué. Se retrouver là, comme un rat pris dans un coin, un énorme chat le surplombant d'un sourire carnassier. Qui n'aurait pas frissonné face au changement radical de personnalité de cette femme ?
Mais pas Junya. Non, Junya était habitué à faire peur mais n'avait peur que de la haine. Et cette fille ne lui donnait pas cette sensation d'être haï, donc tout allait bien. Junya était un peu crétin à ce niveau-là. Il pouvait avoir peur d'un gamin de 10 ans et en revanche ne rien ressentir face à psychopathe insensible. Le verre se brisa sur le sol de la cuisine dans un bruit cristallin tandis que la résidente de l'appartement 206 jacassait sans prendre le temps d'écouter réellement ses réponses, ni quoi d'autres. Le changement était vraiment intéressant. De plus, elle semblait complètement ignorer qui était le blond qui squattait pour l'heure chez elle alors qu'une dizaine de minutes plus tôt, ils parlaient boulots ensemble dans sa voiture.


« Je t'aime bien. Tout le délire capuche, cheveux, tatouages et air ténébreux. C'est sympa.  »

Junya pouffa légèrement, un air assez naturellement méprisant agrafé au visage. Qu'il soit aimé par une espèce de schizophrène lui importait peu, soyons franc. Mais si cette fille faisait la distinction entre ses deux " elle ", il pourrait facilement trouver un petit jeu pour torturer la gentille Mary nunuche et hypocrite qui lui servait de collègue de Bureau. Non, voyons, ce n'était pas par méchanceté. C'était même plutôt pour son bien, pour qu'elle ouvre les yeux sur le vrai monde et qu'elle arrête son rôle de sainte ni touche pure et douce. Personne dans ce monde n'était comme ça, et elle semblait ne pas l'avoir compris. En revanche, l'autre Mary, elle, avait une longueur d'avance sur l'autre habitant de ce corps.

« Ceci étant dit, tu es chez Mary. Et franchement, je pense pas que tu sois exactement son genre. De fait, je ne pense pas qu'elle te considérerait comme bienvenue chez elle. »

« Tant mieux. » répondit-il instinctivement.

Franchement, que Mary l'apprécie était le dernier de ces soucis. Et puis, sa présence avait l'air d'arranger cette fille qui semblait vouloir provoquer sa colocataire plus qu'autre chose, ce qui le conforta dans l'idée que c'était finalement un pas si mauvaise idée d'avoir passé cette porte. Bon, à quelques exceptions près.


« Et ce qui est encore plus drôle c'est que techniquement, si jamais je t'ouvre comme un lapin là, tout de suite, imaginons. Vus que c'est de la légitime défense suite à une effraction, je vais pas avoir de problèmes. Enfin bon, c'est juste des constatations. Maintenant que les bases sont posée : ne me donne jamais – jamais - d'ordres. »

Lui ouvrir le ventre ? Son regard se posa instinctivement sur ce dernier, l'imaginant sanguinolent, boyaux sortis. Quel effet cela pouvait apporter ? Lui l'avait déjà fait à plusieurs reprises mais ce n'était pas pareil. C'était sur les autres. Et puis, il était plutôt partisan des gorges écorchées. Enfin, tout ça pour dire que sa menace sous-entendue aurait mieux fait de tomber dans l'oreille d'un sourd, elle aurait surement eu plus d'influence. Junya ne mesurait pas le danger, comme beaucoup d'autres choses d'ailleurs. 
Pas découragé, il sortit un autre verre et se servit lui-même qu'il fixa un instant avant de le boire d'une traite. 

« Si tu n'es pas Mary, tu es qui ? » 

Il reposa son verre sur le comptoir. 

« Je ne pense pas que tu sois spécialement son genre non plus, en fait. »



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MessageSujet: Re: Appartements 06 Appartements 06 EmptySam 31 Jan - 17:46

Le paquet de céréales – par un concours de circonstances assez étrange – atterrit sur le comptoir sans se renverser. C'était surprenant vu l’absence totale de tact dont Lilly avait fait preuve à l'égard de la pauvre boite en carton dés l'instant où elle avait quitté ses doigt.
La jeune femme ne sembla pas se préoccuper non plus du manque de gène notoire de l'homme vis-à-vis des réserves d'alcool. Après tout, ce n'était pas vraiment ses bouteilles, donc tant qu'elle n'avait pas à faire le service elle n'en avait pas grand choses à faire.

« Si tu n'es pas Mary, tu es qui ? » 
- L'équipe de nuit. »
La jeune femme s'étira en souriant à son propre trait d’esprit.
« Je ne pense pas que tu sois spécialement son genre non plus, en fait. »
« - Bah elle aime pas les filles déjà, répondit pensivement la jeune femme. Et techniquement, ça serait de la masturbation … Une forme très étrange et un peu gerbante de masturbation … »
D'un coup de bassin elle se décolla du plan de travail et marcha vers la chambre de Mary, qui était techniquement aussi la sienne même si elle n'y dormais jamais et ne faisait qu'y squatter une armoire.
Elle éleva la voix en s'éloignant, pour continuer de se faire entendre.
« Enfin après c'est que mon avis. »
Elle continua ce qu'elle avait commencé avec la chemise et retira le reste des vêtements de Mary sans se préoccuper de la pudeur. Contrairement à sa meilleure moitié, elle n'avait jamais considéré son corps comme une source de honte mais de fierté – cicatrices comprises. Elle ne supportait pas les vêtements de la serveuse : même si elles avaient la même taille, exactement, elle avait toujours l'impression qu'ils étaient mal ajustés et trop petits pour elle.
Tout en choisissant des sous-vêtements un peu moins pitoyables que les torchons de Mary, elle continua.
« Techniquement, je suis supposée être une projection jungienne de l'inconscient de Mary couplée à quelques figures d’inconscient collectif, qui s'est retrouvée jetée dans le monde. Où une merde du genre dont je n'ai pas grand chose à foutre tant que ça continue. »
Elle enfila un jeans noir déchiré avec une ceinture en cuir et un débardeur blanc. Puis elle glissa ses pieds dans une paire de Doc Martens décapées par le temps qu'elle ne pris pas la peine de lacer.
Sa trousse de maquillage entre les mains, elle retourna dans le salon pour se maquiller au miroir de l'entrée.
« Après, moi je dit que c'est l'inverse et que l'inconscient collectif craint sa mère … Mais bon, Mary a pas planté de stylo dans la hanche de son thérapeute, donc c'est sensé être moi qui est en trop … »
Quelques traits de Khôl, un peu de mascara et d'ombre à paupières appliqués avec une vitesse et une précision surprenante plus tard, Lilly récupéra le tour-de-cou en cuir qui trainait sur une étagère et referma la boucle sur sa gorge.
« Si tu veux mon avis, je considère que je suis en plus, pas en trop. Mais appartement je suis mégalomane, donc je suis pas bien sûre d'être la mieux placée pour en parler. »
Maintenant qu'elle était changée et maquillée, il n'y avait plus de doute possible : ce n'était pas Mary. Elle attrapa un cuir de moto noir dans l'armoire et l'enfila en se tournant vers Junya.
« Enfin bref. Je décolle. Choure un truc ou deux en partant histoire de faire croire à un cambriolage, ça sera marrant. »
Elle lui jeta un dernier regard accompagné d'un dernier sourire amusé puis passa la porte en laissant le blond planté là.

Mais Lilly ne fit pas trois pas à l'extérieur. Dés qu'elle se retrouva hors de vue du jeune homme, elle eut l'impression de se faire frapper en plein visage.
« Rend-moi mon corps, Espèce de salope ! »
La vue de Lilly se troubla alors que les mouvements oculaires rapides s'emparaient de ses yeux. Elle se retourna en poussant un gémissement qui ressemblait au grondement d'un animal et, suivant son instinct, rentra comme une furie dans l'appartement. Elle fonça droit sur Junya, attrapa le crâne du jeune homme des deux mains en écartant les mèches de ses yeux au passage et planta son regard dans le siens.
Quelques instants plus tard, ses yeux arrêtèrent de trembler, même si elle avait toujours le souffle court et que ses mains ainsi que son dos étaient couverts d'une sueur glacée.
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Appartements 06

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